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quand-lallaitement-peut-sauver-bebes-mamans-et-economie-mondialeOn peut se demander où l'on en serait, si le(s) gouvernement(s) choisissai(en)t d'investir dans des spots publicitaires visant à sensibiliser sur l'allaitement maternel plutôt que dans ceux qui prônent les bienfaits des produits laitiers, les "amis pour la vie" de la surproduction laitière française...

Le lait maternel peut sauver la vie de millions de bébés chaque année, et prévenir les cancers de leur maman. Selon des experts, il peut aussi sauver les systèmes de santé.

Grâce à son rôle de protection contre certaines maladies infantiles, l'allaitement de longue durée « pourrait épargner plus de 800 000 vies d'enfants chaque année dans le monde, soit l'équivalent de 13% de l'ensemble des décès d'enfants de moins de deux ans », précisent les auteurs d'une étude publiée cette semaine dans la revue médicale britannique The Lancet.

Selon ces experts, qui ont passé au crible toute une série d'études sur l'allaitement, le lait maternel pourrait, en outre, prévenir chaque année le décès de 20 000 mères consécutif à un cancer du sein ou des ovaires. 

L'allaitement réduit de plus d'un tiers la mort subite du nourrisson

Et, contrairement à une « idée faussement et largement répandue », les bénéfices de l'allaitement ne concernent pas seulement les pays pauvres, commentent les scientifiques. « Nos travaux démontrent clairement que l'allaitement sauve des vies et permet de faire des économies dans tous les pays, les riches comme les pauvres », insistent ceux qui recommandent de s'attaquer au problème à l'échelle mondiale.
« Dans les pays riches, l'allaitement réduit de plus d'un tiers la mort subite du nourrisson. Dans les pays pauvres ou aux revenus moyens, environ la moitié des épidémies de diarrhée et un tiers des infections respiratoires pourraient être évités grâce à l'allaitement », soulignent les chercheurs. Selon cette étude, l'allaitement longue durée contribuerait également à diminuer les risques d'obésité et de diabète chez l'enfant.

Une perte de 302 milliards de dollars en 2012Les chercheurs ont par ailleurs calculé qu'en portant à 90% le taux d'allaitement exclusif jusqu'à six mois aux Etats-Unis, en Chine et au Brésil et à 45% au Royaume-Uni, cela permettrait de diminuer les coûts de traitements des maladies infantiles courantes telles que la pneumonie, la diarrhée ou l'asthme. Grâce à l'allaitement « une économie pour le système de santé d'au moins 2,45 milliards de dollars aux Etats-Unis, de 29,5 millions au Royaume-Uni, de 223,6 millions en Chine et de 6 millions au Brésil » serait réalisable.

Sur la base d'une étude précédente, publiée en mars 2015, qui soutenait qu'un allaitement contribue à une intelligence accrue, une scolarité plus longue et donc de meilleurs revenus à l'âge adulte, ils estiment que la faiblesse de l'allaitement a représenté une perte de 302 milliards de dollars (0,49% du PIB mondial) en 2012.
Contre les pubs agressives en faveur des laits de substitution Les scientifiques déplorent par ailleurs des « publicités agressives » en faveur des laits de substitution qui sapent, selon eux, les efforts des autorités pour promouvoir l'allaitement maternel. « La saturation des marchés des pays riches a conduit les industriels à pénétrer rapidement les marchés émergents. Les ventes mondiales de lait (de substitution) se sont accrues en valeur passant de deux milliards de dollars en 1987 à 40 milliards environ en 2014 », estiment-ils.

Selon eux, les pays sont pourtant en mesure d'améliorer considérablement la pratique de l'allaitement. A titre d'exemple, au Brésil, la durée d'allaitement est passée de 2,5 mois dans les années 1974-1975 à 14 mois en 2006-2007 grâce à une politique proactive des services de santé et de larges campagnes d'information.
Le lait maternel couvre tous les besoins alimentaires du bébé pendant les six premiers mois de sa vie mais il est réputé depuis longtemps pour avoir des effets bénéfiques à la fois sur la santé du nourrisson et sur celle de la mère. Ainsi, les experts regrettent que « seul un enfant sur cinq est allaité jusqu'à ses douze mois dans les pays riches tandis que seul un enfant sur trois est allaité exclusivement les six premiers mois de son existence dans les pays à revenus faibles ou moyens ». De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un allaitement maternel « exclusif » jusqu'à l'âge de six mois et un allaitement partiel jusqu'à deux ans. Selon elle, moins de 40% des bébés dans le monde en bénéficient aujourd'hui.
Source : OUEST-FRANCE