Capture d’écran 2016-03-11 à 21

Le Dalaï Lama a dit un jour, « Si chaque enfant de 8 ans apprenait à méditer, nous éliminerions la violence dans le monde en seulement une génération »

1381495

Comment apprendre à méditer aux enfants ?

On me pose souvent cette question et c’est vrai que celle-ci est d’importance. Le Dalaï Lama a dit un jour, je cite : « Si chaque enfant de 8 ans apprenait à méditer, nous éliminerions la violence dans le monde en seulement une génération ». C’est ce qu’on peut appeler un argument choc.

La-meditation-pour-les-enfants-c-est-tendance-et-efficace

Alors comment apprendre la méditation aux enfants ? Il existe déjà de nombreuses méthodes que l’on peut trouver un peu partout.
Je ne vais donc pas vous proposer une nouvelle « méthode » supplémentaire, mais une façon d’aborder les choses avec les enfants qui peut faire la différence dans leur vie et la vôtre …

Mais tout d’abord, pourquoi est-il bon de sensibiliser les enfants à la méditation ? Qu’est-ce que ça va leur apporter dans la vie ?

ecologie-nature

La méditation permet une régulation naturelle des émotions chez les enfants

images

Aujourd’hui, dès le plus jeune âge, les enfants vont à l’école et ils y restent longtemps, jusque 18 ans minimum. Avec les études supérieures, l’entrée dans la vie active se fait plus à 25 ans alors que nos grand-parents ou parents étaient dans la vie active à 14 ou 16 ans.
Durant cette période de scolarité, l’enseignement est principalement axé sur le développement de l’intellect (Lecture, écriture, mathématiques, langues, sciences, apprentissage d’un métier, …). Les valeurs et l’éthique quant à elles sont transmises dans la cellule familiale et également dans le milieu scolaire.
Ensuite certains, soit en fonction de leurs choix d’études soit au cours de leur carrière professionnelle suivront des formations en « gestion des émotions et du stress » en « communication non violente » etc.

Ces choses étranges venues d’ailleurs…. Les émotions !!!!

L’aspect émotionnel sera abordé dans le but d’appréhender ces choses étranges que l’on appelle des émotions. Dans ce genre de formation, on vous apprend à « gérer » et « contrôler » ces émotions.
Ces formations, bien qu’importantes, ne sont généralement abordées qu’à l’âge adulte.
Alors pourquoi attendre aussi longtemps alors qu’on sait très bien que les cours de récréation de nos petites têtes blondes sont parfois (souvent) le lieux de comportements violents ?

On prend souvent pour des caprices les brusques accès d’émotions des enfants (les crises de larmes, colères, peurs, …).
En réalité, les zones permettant de gérer les émotions (le cortex préfrontal pour ne citer que lui) ne sont pas encore développées et matures chez les enfants.
Sans entrer plus dans le détail, l’enfant ne dispose donc pas des fonctions nécessaires permettant de « contrôler » ses émotions.
C’est pour ça que les parents sont là entre autre, pour canaliser ces émotions, rassurer, consoler,…

La place des émotions

Notre société occidentale actuelle met l’accent sur l’intellect. Il faut être rationnel, logique. Réfléchir froidement, faire fi de ses émotions, les contrôler, les maîtriser comme on tiendrait en laisse un chien méchant. Les débordements émotionnels sont mal vus. Bref, outre le fait qu’on mise tout sur l’intellect, on néglige l’aspect émotionnel. Et comme on ne sait pas toujours quoi faire de ses émotions (et de celles des autres) on préfère les enterrer pour ne plus les voir.

Enfin quand je dis « on ne sait plus quoi faire de ses émotions », les pro du marketing et de la publicité eux savent comment faire pour utiliser VOS émotions et celles de vos enfants. Mais ça c’est une autre histoire.

Dans ce contexte, donner aux enfants des outils qui leur permettront de vivre sereinement avec leurs émotions serait un plus.
La méditation pour un enfant permet d’une part un retour de l’esprit à son état naturel : apaisé et serein et d’autre part d’apprendre à comprendre le fonctionnement de son Esprit et le développer.
Lorsqu’on médite, il n’est pas question de gérer, maîtriser ou contrôler ses émotions, mais de les observer, d’observer ses pensées. Bref observer ce que produit notre Esprit.
Le simple fait d’observer sans rien faire induit le changement. L’apaisement de l’Esprit se fait au-delà de soi.
Ca se fait tout seul sans effort. C’est pour ça que ça marche avec les enfants, parce que ça ne nécessite pas d’avoir des fonctions de contrôle dans le cerveau. La méditation diminue les émotions perturbatrices et permet à l’enfant de mieux les appréhender de façon intuitive.

Les résultats chez nos bambins

– Une capacité d’attention plus grande
– Moins de stress
– L’enfant est moins démuni face aux émotions qui le traversent
– Moins d’accès émotionnels brusques et donc de réactions violentes

Bon maintenant qu’on sait pourquoi, comment on leur apprend la méditation ?

Je vous ai dit que je ne vous apprendrais pas une méthode en soi. C’est clair que vous pourrez trouver plein de techniques (j’en donnerai quand même une à la fin de l’article).
J’ai plutôt envie de vous montrer une approche plus globale d’aborder la méditation et de l’introduire pas à pas dans l’existence de vos enfants.
Tous les élèves (adultes principalement) au cours de méditation hebdomadaire que je donne rencontrent au début la même difficulté : développer une pratique quotidienne régulière.
Beaucoup ont également du mal à rester plus de 2 minutes assis sans bouger lorsqu’ils commencent.

Si je vous dis ça, c’est parce que nous avons souvent tendance à en demander beaucoup à nos enfants, parfois plus que ce que nous sommes capables de faire nous-même (pourriez-vous retourner sur les bancs de l’école tous les jours et travailler à la maison comme ils le font ? Ceux qui font des cours du soir doivent bien me comprendre).
Alors oui, c’est bien toutes ces techniques de méditation  encore faut-il les intégrer dans la vie de tous les jours, mais comme je le prône, privilégiez la méthode des petits pas. C’est ce que je vous propose tout de suite.

Partir de là où il est

Quelque soit le tempérament de votre enfant, sa situation, commencez là où il en est.
La vie des enfants d’aujourd’hui n’a plus rien avoir avec celle des générations passées.
Lorsque j’étais petit, je jouais beaucoup à l’extérieur, à la campagne. J’étais souvent sur mon vélo et c’était comme ça pour les autres enfants. Nous construisions des cabanes dans les arbres, sur le sol, nous creusions des trous.
Bref on était dehors et lorsqu’on regardait la télévision c’était à un moment bien précis lorsqu’il y avait des dessins animés (pas tous les jours, pas toute la journée).

Aujourd’hui on ne voit plus les enfants jouer comme dans le temps, ils sont rivés devant des écrans.
Devant des consoles de jeux, devant la télévision maintenant « on demand ».
Un enfant pourrait rester 24 heures sur 24 à regarder des dessins animés, c’est techniquement possible. Je ne parlerai pas des smartphone qui touchent toutes les couches de la population.
Des études (1) ont montrés que les enfants jouent 10 fois moins ensemble qu’il y a 30 ans et que le temps passé par les 9-12 ans à jouer dehors, jardiner ou faire des randonnées a chuté de moitié entre 1997 et 2003 … Nous sommes en 2015 !

Quand je parlais plus haut de partir d’où l’enfant est, c’est justement prendre en compte ce nouveau contexte. Quelque soit l’exercice de méditation pour enfant proposé, pour que l’enfant y adhère, le meilleur moyen est de le captiver et pour ça il faut rivaliser avec TV, PC, Console,…
En gros il faut d’abord les extraire de leurs écrans pour pouvoir les faire entrer dans une pratique.
Pour cela il faut procéder en douceur sinon c’est le blocage assuré.

Le retour aux sources, le retour à LA Source

Lorsqu’on me demande comment apprendre à méditer à un enfant, je propose simplement de sortir dans la nature (en forêt, en campagne, dans son jardin,…) de s’assoir et d’observer ce qui se passe.
Dites à l’enfant de repérer chaque événement et lui en montrer : un oiseau qui s’envole, le bourdonnement d’un insecte, le bruissement des feuilles d’un arbre, le souffle du vent, les nuages,… Faites lui sentir que plus il restera immobile, plus il pourra être attentif à tout ce qui se passe autour de lui. Faites-lui prendre conscience qu’il se passe toujours quelque chose.
C’est exactement comme un chasseur. Un bon chasseur reste attentif, immobile lorsqu’il guète le gibier. Ici il s’agit de chasser chaque événement pour l’observer.
Vous pouvez continuer cet exercice en vous promenant, en repérant tout ce qui se passe durant la promenade, puis vous arrêter de nouveau.
Lorsque le temps ne s’y prête pas, observez par la fenêtre la pluie qui tombe, la neige,…

C’est si simple et pourtant primordial. Le contact avec la nature est la première forme de méditation, la plus intuitive, la plus primitive qui existe. Parce que c’est d’elle que nous venons.
Petit on s’émerveille de tout, on expérimente la vie en jouant dans la terre, en observant des insectes, en jardinant avec ses parents,…
L’enfant est naturellement dans le moment présent et c’est à ça que nous amène la méditation, à demeurer dans le moment présent pour ne plus concevoir la vie mais la vivre.
La vie n’est pas un sujet d’étude ou un concept intellectuel, la vie est une expérience qui ne peut être pleinement goûtée que dans le moment présent. La vie n’est pas quelque chose que l’on subit, mais que l’on expérimente et que l’on vit.
Etre en contact avec la nature est la méditation primordiale. Si ce n’est pas le cas, remettez en contact vos enfants avec la nature.
C’est la base car cela permet de leur faire prendre conscience qu’il font partie d’un grand ensemble de choses. Que tout est interdépendant et qu’ils sont partie intégrante de cette nature immense, l’expression du Vivant à l’oeuvre et de son pouvoir. En les mettant en contact avec la nature, vous leur permettez d’appréhender la grandeur de leur pouvoir.

Petits exercices en herbe… sur l’herbe … dans l’herbe… Où vous voulez

Ensuite vous pouvez leur proposer d’autres exercices, comme par exemple prendre leur météo intérieure. Quoi de plus naturel après leur avoir fait observer la nature que d’observer leur climat intérieur.
Invitez-les à fermer les yeux et demandez-leur le temps qu’il fait en eux.
Ce simple exercice permet de leur apprendre à être présent a eux parce qu’il doivent s’interroger pour observer une sensation physique, une pensée, une émotion,…
Nous parlons beaucoup du temps qu’il fait, c’est facile pour les enfants de restituer ce qu’il ressentent avec leur mots, par des métaphores météorologiques.
Ce simple exercice leur permet d’appréhender leurs émotions et de les reconnaître.

La pratique de l’oiseau qui vole

Vous pouvez leur proposer un autre exercice, je l’appelle l’oiseau qui vole.
Debout bien droit, faite-lui prendre 10 à 15 grandes respirations.
A chaque fois qu’il inspire, faites-lui lever les bras comme un oiseau déploie ses ailes.
Et pour l’expiration, faites-lui baisser les bras.
Pendant tout ce temps, demandez-lui d’observer tout ce qui se passe, de bien sentir les sensations que lui procurent l’inspire et l’expire, la sensation de ses bras montants et descendants.
Cet exercice apporte détente et apaisement de l’esprit et développe l’attention.

Cet exercice peut être simplifié en éliminant les battements des bras et en se concentrant sur sa respiration en étant assis.

En familiarisant ou re-familiarisant votre enfant avec la nature, vous développez un climat propice, coupez des distractions de la vie quotidienne. Il est plus facile alors d’introduire de petits exercices de courtes durées qui par la suite deviendront naturels à pratiquer à la maison ou dans tout autre endroit.

La diète d’info, c’est aussi pour les petits

Enfin, je terminerai en abordant un sujet que j’ai traité la semaine passée dans l’article « La diététique de l’esprit ». La saine diète d’informations, elle s’applique dès le plus jeune âge aussi. Comme je l’ai dit plus haut, les écrans sont partout et envahissent le quotidien d’une quantité d’informations considérables et souvent futiles. Il en va de même pour vos enfants. Instaurez des règles qui favorisent l’instauration d’une pratique. Par exemple fixer un nombre de jours « sans écran » durant la semaine (pas de TV, pas de console,…) et planifiez à la place des activités à l’extérieur dans la nature ou des activités où ils peuvent réaliser des choses de leurs mains, développer leur créativité (jardinage, mandalas, …).

Il m’apparaissait important d’aborder le sujet d’une manière plus globale vu le nombre de questions sur le sujet. Espérant que cet article vous aura éclairé.

N’hésitez pas à partager si vous connaissez des personnes que ceci pourrait aider.

670b3f27e358163ad00f96d7b59e84c1-l

Pour poursuivre :

La diététique de l’Esprit

Source : LEMEDITANT

Le petit massage magique (pour détendre et faciliter la concentration)

Dans son livre « Activités concentration », Gilles Diederichs propose une activité pour détendre et facilité la concentration des enfants : un massage doux sur certains point précis (sommet du crâne, front, tempes, lèvre supérieure, haut de la nuque, pavillon et lobe des oreilles). Ce massage « magique » permettra aux enfants agités ou énervés de retrouver leur calme.

Les enfants peuvent pratiquer ce massage avec ou sans outils (huile d’amande douce ou lait pour le corps par exemple).

On favorisera un endroit calme. Puis on passera les consignes suivantes aux enfants (tout en montrant sur soi-même, sur l’enfant ou sur un tiers) :

  • Avec un index, masse doucement, dans l’ordre : le sommet du crâne, le centre de ton front, un tempe puis l’autre, au dessus de ta bouche.

 

  • Avec les deux index, masse ensuite le haut de ta nuque.

 

  • Termine par le pourtour et le lobe de chaque oreille.

 

  • Pour chaque geste, prends au moins 1 minute, appuie doucement avec ton doigt et fais un mouvement bien rond.

On pourra inciter les enfants à faire des « échanges de massages » : en classe avec des camarades ou à la maison avec papa, maman ou les frères et soeurs. Cela renforcera les liens et aidera les enfants à mémoriser les points de massage et les enchaînements. Dès 4 ans.

 

Plus d’activités pour la concentration,

10 méthodes pour aider les enfants à se concentrer et à rester attentifs

Source : APPRENDREAEDUQUER