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Petit extrait d'un récit raconté par Isabelle Filliozat. 

Une lectrice témoigne : « Clémence, ma fille de 3 ans et demi a passé un week-end chez ses grands-parents. Quand je suis venue la chercher, elle a fait une crise terrible pour ne pas aller dans son siège auto. Mes parents m’ont dit qu’avec eux, Clémence était très sage et ne faisait aucun caprice. Ils me disent aussi que je dois être plus ferme avec elle. »

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« C’est effroyable que les grands-parents aient pu dire ça à leur propre fille. Un enfant est un petit mammifère, il tisse depuis sa naissance une relation avec la personne qui s’occupe de lui, souvent sa maman. Elle est sa base de sécurité. Quand un enfant est séparé de sa maman, il se tient à carreau, exactement comme un petit chiot en situation de danger. Quand sa maman revient, il existe de nouveau et fait du bruit. Dans cet exemple, la fillette n’était pas sage avec ses grands-parents, elle était stressée et se tenait à carreau. Plus l’enfant a été stressé dans la journée, plus il va se lâcher quand sa maman arrivera. C’est souvent très désespérant pour les mamans de réaliser que, avec elles, l’enfant est plus capricieux, ne supporte pas la moindre frustration et se met à crier. Mais s’il a ces comportements avec sa maman, c’est parce qu’il a confiance en elle, parce qu’il sait que sa maman l’aime inconditionnellement.
Le siège auto, c’est le petit détail auquel l’enfant s’accroche pour libérer la tension qu’il a accumulée à l’intérieur de lui. Il n’est pas encore capable de dire : ‘Maman, tu es enfin là, j’ai besoin de te raconter tout ce que j’ai vécu avec papy et mamy pendant deux jours’. Il sent juste une énorme décharge de stress en lui. La maman doit alors virer ses parents et jouer avec sa gamine. Plutôt que de vivre des colères et crises, la maman peut se dire : elle a vécu deux jours avec ses grands-parents, elle a besoin de se décharger. Elle peut proposer à sa fille d’aller jouer dans la chambre et d’y faire une grosse bagarre sur le lit. Un jeu avec une interaction très forte permet d’éviter certaines crises.
C’est pareil après la crèche ou l’école. Pensez à un sas avant de rentrer à la maison : passer au square, courir, crier, se dé-fou-ler. L’enfant a d’abord besoin de se défouler et s’il n’y a pas de défouloir, alors il va y avoir des crises. Quand l’enfant se met à pleurer toutes les larmes de son corps pour un détail, au lieu de se mettre à culpabiliser, dites plutôt à votre enfant : ‘Houlà, tu as eu une dure journée. Viens, on va courir’. Mais, être plus ferme n’est pas la solution. » Isabelle Filliozat